La mission

Qu’est-ce qu’une campagne océanographique ?

Une campagne océanographique est une mission scientifique qui se déroule en mer, à bord d’un navire qui permet de réaliser des activités de recherche. C’est une sorte de voyage qui permet aux chercheuses et chercheurs de récupérer des informations importantes pour leur travail sur les océans du monde entier. Ce voyage ce prépare bien à l’avance pour savoir ce qui sera fait à bord et avec quels outils !

Par exemple, on peut chercher à découvrir de nouvelles espèces (que ce soit des microbes, des algues ou des baleines), des espèces disparues, à suivre les changements de température, de salinité, de courants dans l’eau et à faire le lien avec le climat ! Et bien d’autres choses encore, que les chercheurs explorent pour percer les secrets des océans. Tout ce qui est mesuré, étudié pendant la mission s’appelle des données collectées.

Un peu comme lorsque les enfants (les scientifiques) récoltent (collectent) des bonbons (des données) pour la fête d’Halloween (la recherche).

Ces campagnes sont essentielles et doivent être répétées car une grande partie de l’océan reste encore mal connue, alors qu’il joue un rôle très important pour la planète, le climat et donc pour les êtres humains.

Chercheuses et chercheurs en observation

Quel est le but d’une campagne océanographique ?

Les données scientifiques collectées pendant une campagne océanographique peuvent servir à :

  • mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes marins,
  • mieux comprendre les effets du changement climatique
  • mieux prédire les changements climatique à venir,
  • mieux comprendre l’évolution de la vie sur la planète, son passé, son présent et son futur,
  • mieux protéger les océans et la biodiversité !

Un vaste programme, qui demande beaucoup de temps (des décennies), de matières grises (des cerveaux qui fonctionnent bien) et beaucoup d’argent (mais moins que pour aller visiter Mars !).

Le projet Themisto, KESAKO ?

Du 10 janvier au 27 février 2026, j’accompagne la troisième campagne du projet THEMISTO. Ce petit nom mignon est l’acronyme de « Toward Hydroacoustics and Ecology of Mid-trophic levels in Indian and SouThern Ocean » qui est effectivement beaucoup moins mignon écrit en entier ! Cet acronyme est en fait un clin d’oeil à des animaux marins très présent dans les océans (oui oui les scientifiques ont de l’humour). Themisto, c’est le nom de genre d’un amphipode, animal crustacé (comme les crevettes ou les crabes) qui fait partie toute sa vie du plancton. C’est à dire qu’il dérive dans les courants marins (comme les méduses d’ailleurs). Pour info, on trouve des amphipodes dans tous les milieux aquatiques : dans la Pimpine, dans l’eau Blanche, dans la Garonne, dans l’estuaire de la Gironde (Dans les rivières, on les appellent les gammares).

Le projet a pour but l’étude de la vie marine dans les océans de l’Hémisphère Sud (entre le Sud de l’Océan Indien et le Nord de l’Océan Austral pour être plus précis). Nous nous intéresserons surtout au zooplancton et au micronecton, qui sont les animaux planctoniques qui dérivent dans les océans (comme les copépodes) et les animaux pélagiques qui nagent mais qui sont de petites tailles (poissons ou krill mesurant jusqu’à 20 cm maximum). Les chercheurs veulent savoir :

  • Comment ces animaux sont reliés les uns aux autres (qui mange qui ?)
  • Comment ils vivent (à quelle profondeur, à quelle température, dans quel courant marin ?)
  • Comment ils s’adaptent au changement climatique (est-ce qu’ils souffrent du réchauffement de l’eau ou au contraire est-ce qu’ils en profitent ?)

Pour trouver des réponses, il y aura des pêches pour collecter des animaux vivants, des appareils à sons (sonars) pour localiser les animaux proches du bateau, des poses de balises sur des gros animaux (manchot, éléphants de mer, baleine,…), des expériences à bord pour tester l’impact de changements de températures par exemple.

A quel endroit se déroule la mission Themisto 2026 ?

Dans l’hémisphère sud, entre l’île de la Réunion (il fait chaud) et l’archipel des Kerguelen (il fait froid). Cette trajectoire permet d’observer des animaux qui vivent dans des environnements marins très différents, déjà par la température de l’eau ! Voilà pourquoi le site internet s’appelle « Cap vers les mers australes » qui entourent l’Antarctique.

Voici une carte schématique du trajet que je vais parcourir depuis chez moi à VILLENAVE D’ORNON (33) : Bordeaux – Paris – la Réunion – Archipel Crozet – Archipel Kerguelen – Ile St Paul et Amsterdam ! Le plus drôle c’est que je pars à l’autre bout du globe terrestre tout en restant en France !

Carte du monde présentant le trajet depuis la France hexagonale vers la zone de campagne océanographique et le trajet de la mission themisto.

Pour l’instant je ne peux pas vous donner des points précis à l’avance en fonction des jours, mais vous pourrez suivre la localisation du bateau sur ce lien IFREMER :

Sur quel type de bateau les chercheurs embarquent ?

C’est une recherche de terrain, exigeante, qui ne peut se faire en mer, que sur des navires spécialisés comme le Marion Dufresne. Il doit être adapté aux conditions parfois extrêmes des océans sur lesquels il va naviguer, tout en étant équipé d’instruments pour collecter des données sur la vie marine, l’eau, l’environnement.

Le bateau scientifique, doit être équipé de matériels et de « machines » pour faire de la science, comme des filets de pêche, des capteurs de salinité, de température, de sons, et d’outils pour prélever du « sol marin ». Il a aussi à bord des laboratoires, c’est-à-dire des pièces spécialement réservées aux expériences et à l’identification des microbes, des animaux ou des algues collectés (des bacs, des réfrigérateurs, des loupes, des pinces, des aquariums,…).

En général, les campagnes océanographiques se préparent plusieurs mois à l’avance et se déroulent pendant plusieurs semaines, parfois plusieurs mois !

Comme les chercheurs et les marins qui sont à bord vont y passer plusieurs jours et plusieurs nuits, il y a aussi des chambres avec salle de bains, une cuisine, une salle à manger, parfois une salle de sport, une salle de cinéma,….

Ici c’est le navire amiral de la flotte hauturière Marion Dufresne qui sera notre navire de recherche !

En attendant les photos, ou en complément, vous pouvez visiter virtuellement le bateau Marion Dufresne ICI !