Pour les écoles,  Projet scientifique

Les premières pêches scientifiques : équipe themisto

Les chalutages mésopélagiques, késako ?

Dans mon équipe (themisto) on réalise des pêches scientifiques avec deux types de filets, un filet chalut trainé derrière le bateau et un filet à zooplancton mis à l’eau depuis un côté du bateau. Ces pêches nous permettent de mieux connaitre les animaux qui sont dans l’océan et où ils se trouvent.

Depuis le vendredi 16 janvier 2026, nous avons déjà fait plusieurs mises à l’eau du filet chalut : 6 au total !

Comment ça se passe ?

Le bateau est équipé d’un outil qui s’appelle un sonar qui émet des sons dans l’eau sous le bateau et qui enregistre les échos. Lorsque les sons rencontrent une particule dans l’eau (vivante ou non, plus ou moins grande), elle renvoie un écho qui peut être aïgue ou grave (c’est la fréquence), faible ou fort (c’est l’intensité). On peut alors lire sur un écran en direct les échos qui sont renvoyés par les êtres vivants (c’est un échogramme). On voit des bandes colorées, plus c’est rouge plus l’écho est fort.

Les « gros animaux » (poissons) reflètent des sons plutôt dans les graves (basse fréquence), les petits, comme le krill (sorte de petites crevettes) qu’on recherche spécialement dans notre équipe, dans les aigües (haute fréquence) !

C’est le même principe que lorsque qu’on parle dans un tunnel ou un préau et que nos paroles sont reflétées par les murs, ça résonne !

Grâce à l’échogramme on peut choisir à quelle profondeur on descend le filet de chalut en fonction des animaux qu’on a besoin d’étudier. C’est un filet qui permet de capturer des petits animaux qui font entre 2 et 20 cm environ. Nous on s’intéresse en particulier aux animaux qui vivent entre 200 et 1000 m de profondeur, dans une zone qui même en journée reçoit très peu de lumière (c’est la zone crépusculaire de l’océan !), en dessous c’est carrément tout noir, tout le temps.  On peut envoyer le filet jusqu’à 1000 m de profondeur ! Il reste attaché au bateau et est trainé à l’arrière lorsque pendant la navigation à faible vitesse.

C’est une opération qui est réalisée par les marins, les scientifiques choisissent la profondeur, la durée et le lieu de mise à l’eau mais c’est l’équipage (les marins) qui mettent le filet à l’eau, qui le pilote et le remonte. C’est une opération qui demande de l’entrainement et qui est dangereuse, les marins sont bien équipés pour ne pas se blesser ou tomber à l’eau.

Au total, entre la descente et la remontée du filet il faut compter 1h30 !

Ensuite les scientifiques se précipitent pour observer les êtres vivants collectés, et les trier par ressemblance. Le tri peut durer longtemps si le filet a attrapé beaucoup d’animaux car on cherche leur nom dans des clés d’identifications (sorte de livre qui permet de retrouver assez facilement le nom d’un être vivant).

Malheureusement, la plupart des animaux collectés ne survivront pas à la remontée. En profondeur les conditions de vie sont très différentes de la surface, ils sont habitués à supporter beaucoup « de poids » sur eux à 1000 m et ne survivent pas bien au choc de la remontée. En plus, il fait trop chaud à la surface, l’eau en profondeur est à seulement 4 degrés !

On pèse et on identifie au maximum les animaux pour savoir qui on a trouvé, combien on en a trouvé et à quel endroit !

A quoi ça sert ?

Ces pêches scientifiques nous permettent plusieurs choses :

  • Faire le lien entre l’écho sonore détectés et les animaux qui reflètent ce type de son (pour l’instant on n’est jamais sûr de ce que l’on va remonter dans le filet)
  • Savoir où vivent les animaux et peut-être trouver des zones dans l’océan à protéger
  • Mieux comprendre les liens entre les animaux marins et leur lien avec l’environnement

Collections de petits animaux marins !

Alors, quel est votre petit préféré ?? Voulez-vous plus de photos des animaux que l’on découvre ?

4 commentaires

  • Ecole Paul Doumer - CM1

    Bonjour, merci pour toutes les photos d’animaux et les explications. Nous avons rempli la grille de mots croisés, que nous avons trouvé plutôt facile.
    Nous avons lu ton article sur le mal de mer, on espère que ça ira mieux et que tu supporteras davantage la marée. Une astuce donnée par une des élèves pour le mal de mer : manger des biscottes, cracottes, ect. Un des élèves demande s’il est possible d’attraper une baleine avec le filet. Une élève demande si c’est possible d’avoir plus de photos et notamment du calmar fraise.

    Bon courage à toi et l’équipage pour la suite !

    • Clementine R

      Bonjour les enfants de l’école Paul Doumer,

      Merci pour votre message ! Oui la grille devait être plutôt facile pour les grands CM1 que vous êtes, je vais vous en préparer une autre avec des mots plus compliqués ahah !
      Merci pour l’astuce, ici on mange beaucoup alors souvent je n’ai pas faim mais le conseil est bon : manger pas trop gras soulage les sensations dans le ventre.
      Heureusement aucune baleine ne peut rentrer dans notre filet ! L’ouverture n’est pas vraiment assez large et elle peut facilement l’éviter. Le filet est conçu avec des mailles qui ne peuvent attraper que des animaux qui font entre 2 et 30 cm environ ou ceux qui se laissent porter par les courants, les fameux « plancton ». On pourrait attraper une grande méduse dans notre filet de chalut par exemple.

      Ah oui je comprend le calmar fraise est très beau, malheureusement il a été mis au congélateur pour être rapporté au muséum national d’histoire naturelle à Paris.

      Mais j’ai des nouvelles photos à poster, il faut seulement qu’internet se décide à laisser passer les photos. Au milieu de l’océan on est obligé de passer par une connexion internet par satellite et le débit est limité pour nous tous.

  • Charlotte Bessonnet

    Je préfère la larve phyllosome de langouste.
    J’ai regardé sur internet et c’est trop joli.
    J’adore voir les photos des animaux !
    J’en veux bien d’autres car je ne connais pas du tout les animaux de l’océan.

    • Clementine R

      Merci beaucoup Charlotte, c’est vrai que ce petit bébé langouste est particulièrement bizaroïde et ça j’adore ! Il est totalement transparent ce qui lui permet d’éviter de se faire manger par des poissons. C’est du camouflage.

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