Pour les écoles,  Vie à bord

Escale à Kerguelen : une parenthèse au bout du monde

Poser le pied sur Kerguelen est une expérience rare et nous avons eu la chance de pouvoir le faire lors de notre mission, youpi !

Situé au cœur de l’océan Indien austral, à plus de 3 000 kilomètres de toute terre habitée, cet archipel subantarctique français est souvent surnommé « les îles de la Désolation ».

Pourtant, lors de notre escale pendant cette campagne océanographique, le décor était loin d’être sinistre : arrivée dans la brume, le ciel s’est vite dégagé pour laisser place à une lumière éclatante… au point que plusieurs d’entre nous ont attrapé des couleurs, chose à laquelle on ne s’attend pas forcément à ces latitudes ! C’est le chaland l’aventure II, qui nous permet d’accéder à Port-aux-français et nous sommes accueilli par le chef du district de Kerguelen (un peu comme un maire dans une ville), Lillian Labarre, sur le quai de débarquement !

Avant de descendre à terre : la biosécurité

Avant la promenade, nous avons dû passer par une étape très importante : la biosécurité. Nous avons soigneusement nettoyé nos chaussures et nos vêtements. Pourquoi ?
Pour ne pas apporter sur l’île des graines ou des insectes (il y a aussi des appareils sur le bateau qui sont comme des sortes de grilles pains pour se débarrasser des insectes volants), et pour ne pas en rapporter sur le bateau.

Les îles Kerguelen sont très isolées. Les plantes et les animaux qui y vivent sont fragiles et souvent endémiques (vivent uniquement à cet endroit). Une espèce venue d’ailleurs pourrait tout déséquilibrer. Par le passé il y a eu de nombres introduction volontaires d’espèces (lapin, chat, truite, rennes) et d’autres involontaires, hors on sait maintenant que ce n’est pas bon pour l’environnement sur place.

Afin de conserver ce patrimoine naturel unique, la France a créé en 2006 la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises, qui inclu la totalité de la surface terrestre des îles (environ 7 700 km²) et 52,5 % de leurs eaux territoriales, soit 15 700 km².

Port-aux-Français, cœur humain des Kerguelen

Pendant la balade, nous avons découvert la base de Port-aux-Français, la station scientifique principale de l’archipel. Créée en 1951, elle accueille selon la saison quelques dizaines à une centaine de personnes : scientifiques, électroniciens, mécaniciens, cuisiniers, charpentier… Une petite communauté isolée pendant plusieurs mois, vivant au rythme des ravitaillements et des campagnes scientifiques !

On y trouve des bâtiments pour dormir et travailler, une cantine, une bibliothèque, une poste, et même une petite boutique souvenir ! Les lettres envoyées depuis là-bas sont rares et précieuses, elles sont très recherchées par les collectionneurs.

Nous avons aussi dégusté une boisson chaude, au foyer, surnommé la « totoche ». C’est une grande salle où les gens se retrouvent après le travail. Chaque année, un panneau souvenir de la mission avec les personnes y ayant participé est inventé et affiché dans et autour du foyer, ils sont tous très remarquables !

Des animaux impressionnants

Ce sont surtout les rencontres animales qui marquent les esprits.

Camille notre mascotte n’a pas osé s’approcher trop près et avait besoin de ses copains pour la photo de groupe avec éléphant de mer !

Nous avons observé de gros éléphants de mer, couchés sur la plage. Ce sont des phoques géants, parmi les plus grands du monde. Ils sont très impressionnants et pourtant nous avons vu surtout des jeunes adolescents car c’est l’été. Un peu plus loin, nous avons pu observer un groupe de manchots royaux. Leur ventre est blanc et ils ont des taches orange près du cou. Certains ont été très curieux et se sont approchés de nous. C’est très marrant de prendre des photos de manchots qui se baladent dans de « l’herbe » mais c’est naturel en cette saison !

Et puis, nous avons aussi eu la surprise de croiser une otarie à crinière parmi les éléphants de mer.

Aux Kerguelen, la faune est omniprésente mais on regarde les animaux de loin, sans les toucher, pour ne pas les déranger.

Voilà ça y est, je l’ai vécu, marcher sur la terre de Kerguelen, sentir et entendre les éléphants de mer dans leur habitat naturel, voir des manchots se dandiner devant moi, avec une météo plus proche de la canicule que du froid polaire imaginé ! En posant mes yeux pour la première fois sur ces contrées lointaines je n’ai aucun mal à croire que les premiers français breton qui ont accosté ont pensé l’archipel habitable, le paysage est assez semblable à première vue aux terres celtiques. Mais cela reste des terres du bout du monde et si la météo a été clémente lors de notre fugace passage sur la grande île, en hiver s’est bien autre chose. Tout est plus difficile et encore plus dans les temps anciens.

C’est encore difficile pour moi de réaliser que j’ai fait « ma petite balade » à Kerguelen et j’en suis repartie avec une ivresse qui me pousse à aisément imaginer ce que les campagnards et hivernants peuvent ressentir pour ces terres.

En savoir plus

https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/carnet-de-bord-l-arrivee-aux-mythiques-iles-de-kerguelen-1229521.html

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